Tribune

L’économie circulaire : un moteur d’indépendance, d’emploi et de territoires

Institut des Solutions
13 octobre 2026

Depuis 2021, l’énergie n’est plus seulement un enjeu climatique.

Elle touche aussi à la sécurité, au pouvoir d’achat et à la capacité de la France à maîtriser son avenir.

(Par Sandra Melki, membre du conseil d’orientation de l’IDS).

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La transition vers une énergie plus propre ouvre de réelles perspectives : nouvelles technologies, nouvelles filières industrielles et nouveaux investissements peuvent rendre la France à la fois plus verte et plus solide. Mais les dernières années ont aussi rappelé une évidence que beaucoup avaient fini par considérer comme acquise : une énergie abordable et fiable ne va pas de soi. Elle doit être sécurisée. Cela suppose de concilier simultanément trois priorités : l’approvisionnement, le coût et la durabilité.

La transition énergétique devient un levier concret d’indépendance. Moins la France dépend des importations d’énergies fossiles, moins elle s’expose aux chocs géopolitiques et aux flambées soudaines des prix. Développer une électricité bas carbone, diversifier les sources d’énergie et moderniser les infrastructures ne sont pas uniquement des choix environnementaux. Ce sont aussi des décisions économiques et stratégiques. La souveraineté ne se proclame pas : elle se construit par l’investissement, par des règles lisibles et par la capacité à faire changer d’échelle les solutions qui fonctionnent.

La France dispose de solides atouts. Elle s’appuie sur une base industrielle reconnue, des ingénieurs de premier plan et une ambition climatique affirmée. Mais les règles, à elles seules, ne suffiront pas. Les entreprises ont aujourd’hui besoin de stabilité, de simplicité et de visibilité pour investir. La France doit aussi éviter les faux débats. Il n’existe pas une solution unique pour tous les secteurs ni pour tous les usages. Opposer les technologies entre elles peut nourrir la discussion, mais cela ralentit surtout les avancées concrètes sur le terrain.

Cette question d’indépendance ne concerne pas seulement les centrales et les réseaux. Elle touche aussi les matières premières, les chaînes d’approvisionnement et notre capacité à mieux valoriser ce que nous jetons. En France, au moins 66 millions de tonnes de déchets ont été collectées à des fins de recyclage en 2021, sur un total d’environ 310 millions de tonnes de déchets, selon l’ADEME. Les performances progressent, mais restent très inégales : les emballages atteignent environ 73 % de taux de recyclage, avec de bons résultats pour le verre, le papier-carton ou l’acier, tandis que les plastiques restent autour de 30 %. Cela montre que l’économie circulaire ne doit plus être vue comme un sujet périphérique, mais comme un levier industriel, climatique et de souveraineté.

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Pour changer d’échelle, plusieurs mesures peuvent être proposées : structurer des filières locales de collecte et de tri, sécuriser des contrats long terme entre producteurs de déchets et industriels du recyclage, imposer progressivement des taux minimaux de matières recyclées dans les produits, simplifier les autorisations pour les unités de recyclage avancé et soutenir les premières usines commerciales, en particulier dans les plastiques complexes, les textiles, les batteries, les métaux critiques et les matériaux de construction.

L’impact serait aussi social et territorial : l’économie circulaire représente déjà environ 847 500 emplois équivalent temps plein en France en 2023 selon l’INSEE, et son développement peut créer des emplois non délocalisables dans la collecte, le tri, la réparation, le réemploi, l’ingénierie, la logistique et l’exploitation industrielle. Elle peut également renforcer les territoires en réimplantant des activités productives au plus près des bassins de consommation, en valorisant les ressources locales et en soutenant les PME, les collectivités et les filières industrielles régionales. 

L’objectif est clair : transformer les déchets en ressources, réduire les importations de matières premières vierges, éviter des émissions de CO₂, recréer de la valeur industrielle en France et faire de la transition écologique un moteur d’emploi local.

La transition énergétique n’est ni un luxe ni une contrainte imposée aux entreprises.

Pour la France, elle représente l’une des meilleures occasions de reconstruire des chaînes de valeur, de réduire la dépendance à des marchés volatils et de renforcer la compétitivité.

La priorité est désormais claire : accélérer, simplifier, soutenir les solutions capables de passer à l’échelle et réduire les risques qui freinent encore les projets.

Si la France y parvient, l’ambition climatique pourra se traduire en résultats tangibles : davantage de résilience, une industrie plus forte et un avenir plus sûr. C’est bien cela, au fond, que cette transition doit apporter aux citoyens autant qu’aux entreprises.

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