Tribune

FINANCER LA FÉE ELECTRICITÉ

Institut des Solutions
28 juillet 2026

Par Xavier Fontanet pour l’Institut des Solutions.


Pour atteindre la neutralité CO2 en 2050, tout en intégrant la contrainte de l’autonomie énergétique, la solution
technique est en fait assez simple, elle a pour nom « fée électricité ».

En effet chaque fois que celle-ci a pris une part de marché significative dans un secteur de l’économie on a vu les émissions de CO2 chuter fortement. Les 400 milliards de TRWH qu’elle représente c’est 25% du total de l’énergie nécessaire au pays. Un doublement de cette part dans le mix énergétique permettra de diviser les émissions brutes de CO2 par deux et ramener les émissions nettes à zéro. L’électricité étant une activité extraordinairement lourde en capital, il faut plus de 2 euros de capital par euro de chiffre d’affaires, le vrai défi de cette politique : c’est le financement.

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Le doublement de la part de l’électricité va donc demander des investissements considérables aussi bien en production qu’en distribution sans compter l’arrêt sur la période des centrales à charbon et à gaz qu’il faudra remplacer. L’énergie doit être produite à la fois par le nucléaire et les énergies nouvelles. Il faut dans cette affaire être réaliste, le gros de l’investissement sera nucléaire. Il ne faut pas non oublier la distribution qui en rajoute à l’addition.

C’est là qu’une bonne compréhension de la finance prend toute son importance.

Les pétroliers et les mineurs vont voir leur activité historique décroître au fur et à mesure de la montée de l’électrique Cette décroissance est une bonne nouvelle en matière de financement car ces entreprises ont des actifs financiers du même ordre de grandeur que ceux des électriciens. Elles peuvent délivrer des cash flows nets considérables qui viendront compléter ceux des électriciens dans cette gigantesque reconversion.

Encore faut-il que mineurs et électriciens décident de les allouer au secteur de l’énergie par exemple en rentrant dans la distribution d’électricité ou en prenant des parts significatives dans le nucléaire. L’attractivité du secteur suppose qu’on laisse agir, sans les perturber, les forces du marché.

Si l’État cède à la tentation de contrôler les prix de l’électricité faits aux industriels et aux consommateurs, l’attrait du secteur énergétique tombera et les capacités de financement n’y iront pas ! Notre État n’ayant plus un sou vrillant, pas besoin d’être grand clerc pour affirmer qu’on est mal partis dans le financement de la fée électricité et la course à l’émission zéro en 2050. La nationalisation de l’entreprise qui a mis EDF entre les mains d’un État sans le sou n’est pas une bonne décision : la remettre en bourse est la première décision à prendre.

Il faut bien expliquer à tout le monde que de toute manière c’est le consommateur qui financera la reconversion. Son intérêt bien compris est que les opérateurs travaillent dans de bonnes conditions sachant que la concurrence règlera les prix. Nos pétroliers, nos électriciens et nos mineurs européens sont des entreprises très compétitives sur une base mondiale ; des gains de productivité importants sont disponibles avec la baisse de prix des composants et les effets d’expérience permis par la croissance. Si on les laisse agir librement, la conversion se passera bien quand on prend conscience des challenges qu’ils ont déjà relevés quand on ne les a pas
freinés !

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Le mot de la fin


Dans toute cette affaire, la France a de jolies cartes à jouer. Elle dispose avec ses opérateurs de vrais leaders qui peuvent faire bénéficier la France et l’Europe de tous leur talent. Quand on y réfléchit bien, les défis que nous avons devant nous, pour transmettre à nos enfants terre plus habitable sont aussi de formidables opportunités et des pistes de croissance !

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